Les applications de téléradiologie, sous diverses formes, constituent aujourd’hui l’essentiel de la télémédecine régionale. Cette situation est le fruit, en grande partie, de l’action engagée par l’ARH depuis plusieurs années et relayée par le SiiH.
Toutefois, des champs d’extension ou de démultiplication de ces services existent et n’ont pas été complètement exploités, que ce soit :
– dans le recours à l’expertise radiologique du CHRU de Lille
– pour mieux assurer la permanence des soins en imagerie médicale
– dans l’articulation entre établissements de santé et cabinets de radiologie du secteur libéral
Une exploration systématique des extensions potentielles de la téléradiologie sera entreprise, notamment en intégrant la problématique de la permanence des soins, afin d’accroître l’efficience du dispositif actuel.
Le système Télé-AVC constitue l’une des principales avancées de la télémédecine régionale en 2011. La mise en service de ce dispositif, sur le territoire Artois-Hainaut, depuis le 15 juin 2011, et son utilisation régulière depuis, confirment l’intérêt de Télé-AVC pour améliorer sensiblement la prise en charge des patients présentant des signes d’AVC.
Le projet régional Télé-AVC a par ailleurs été retenu au titre de l’appel à projets Télémédecine de l’ASIP(*), et est inscrit dans la mise en œuvre du plan national AVC 2010 – 2014.
Dans la période 2011 – 2016, deux axes de travail sont à poursuivre pour la finalisation de ce projet :
1. conduire le déploiement de Télé-AVC sur l’ensemble du territoire régional, afin d’apporter un service de prise en charge 24/24, 7/7, auprès de l’ensemble des structures d’urgences et des UNV de la région.
2. Consolider et enrichir le volet « système d’information AVC », durant la phase aigüe de prise en charge, mais également pour l’amont (prévention, sensibilisation aux facteurs de risques) et l’aval (soins de suite, réintégration dans la vie sociale)
(*)ASIP : Agence des systèmes d’information partagés.
La télémédecine, notamment la téléconsultation et la téléexpertise, peuvent constituer des réponses aux difficultés d’accès aux soins des personnes détenues, difficultés accrues par la nécessité soit de transporter le détenu, soit d’assurer la présence de professionnels de santé.
En relation avec les UCSA(*) et les SMPR(*) régionales, et en s’appuyant sur une évaluation précise et hiérarchisée des besoins, les projets de téléconsultation ou de téléexpertise, dans différentes spécialités médicales, seront soutenus. Ces démarches seront également menées en coordination avec les responsables de l’administration pénitentiaire.
(*) UCSA : Unités de consultation et de soins ambulatoires
(*) SMPR : Service Médico-psychologique Régional
L’usage de la Télémédecine dans la prise en charge, la surveillance et l’accompagnement des patients atteints d’une maladie chronique constitue un champ d’expansion très important. Ces approches sont encore peu développées à ce jour, en dépit du nombre considérable de patients susceptibles d’en bénéficier.
La démarche régionale devra adopter une méthodologie permettant :
- D’identifier les types de pathologies chroniques prioritaires pour la télémédecine (diabète, insuffisance rénale chronique, pathologies cardiaques, ….)
- De repérer les situations médicales qu’il convient de privilégier (démarches de prévention auprès de personnes présentant certains facteurs de risque, patients atteints d’une maladie chronique en été stabilisé, patients en état non stabilisé, patients en situation de pluri-pathologies)
- De déterminer les populations ou les contextes locaux pertinents : zones ou personnes connaissant une difficulté d’accès aux soins, meilleure organisation de l’accès aux compétences de recours, …
La particularité des maladies chroniques appelle à privilégier les usages et les applications de télésurveillance, mais également la téléconsultation ou la téléexpertise. Les démarches de développement de projets de télésurveillance auprès de personnes souffrant d’une maladie chronique seront optimisées si elles sont combinées avec des programmes d’éducation thérapeutique ou d’accompagnement.
L’utilisation de la télémédecine, notamment la téléconsultation ou la téléexpertise, dans la prise en charge et l’accompagnement des personnes âgées vivant en institution (EHPAD) permettrait d’améliorer la coordination entre les professionnels exerçant en EHPAD et les établissements de santé.
Ce dispositif permettrait de mieux maîtriser les décisions de transfert, et, ainsi, d’apporter plus de confort à la personne âgée et une meilleure gestion des ressources hospitalières.
La construction de projets de ce type nécessite une forte implication des acteurs sanitaires et médico-sociaux; là encore, ce sont les questions d’adaptation organisationnelle qui seront les plus cruciales
En HAD, et plus généralement dans le cadre des soins à domicile, les usages de la télémédecine rejoignent les aspects évoqués au sujet de la prise en charge des maladies chroniques.
Mise à jour - Octobre 2011